Lycéenne à Joliot-Curie, Julie Jumeaux veut vivre de sa passion
Parole de Julie
Julie vient d'animer plusieurs spectacles, lors du Téléthon. Et elle ne se contente pas de chanter, elle écrit aussi.DANS la salle à manger, la voix cristalline résonne au-dessus du synthé. Ce sont « Les yeux revolver » au féminin qui apportent un peu de couleurs, en cet hiver déprimant. Cela fait quelque temps que Julie Jumeaux « squatte » cette pièce majeure de la maison familiale de Brunehamel. La lycéenne hirsonnaise est, en effet, chanteuse. Et cela nécessite une heure de travail par jour, « dès le retour du lycée ».
Julie Jumeaux, c'est un tempérament, un talent, du peps au service de la chanson populaire. Ce dernier week-end, elle a beaucoup tourné en Thiérache (Hirson, Saint-Michel, Voulpaix, Guise), à l'occasion du Téléthon. A 17 ans... et demi, l'adolescente creuse son sillon, question notoriété, avant la sortie d'un CD.
« Je marche seul »
Depuis l'âge de 12/13 ans, Julie chante : un héritage de sa grand-mère, semble-t-il, d'après Lydie sa maman. De scènes de fêtes foraines en petits spectacles, toutes ces expériences viennent de se traduire par une belle récompense à travers le concours Angie Star, organisé à Laon (c'était le 14 novembre) : 800 euros pour un enregistrement en studio, en mars/avril.
Comme morceau y figurera, notamment, I will always love you, de Withney Houston ; un standard de la variété internationale qui impose de tenir la note. Ce que réussit Julie, « mais il m'a fallu quelques années pour la travailler ». Et d'ajouter : « Je commence tous les tours de chant par un medley de Jean-Jacques Goldman, avec « Je marche seul », « Encore un matin ».
Viennent ensuite Balavoine, Céline Dion.
Chansons à texte
La virevoltante adolescente ne se contente pas d'interpréter, elle écrit aussi. Elle parle même « de chansons à texte ». C'est ainsi que furent cochées sur le papier les paroles des « Envieux », un panorama des jalousies et mesquineries qui caractérisent ce monde impitoyable de la chanson, même en Thiérache. Une « sortie de dépression », d'après les précisions apportées par Lydie et Julie à propos du contexte. Le tout sur une musique d'Alain Stevez, un artiste du Nord.
Une deuxième chanson a aussi vu le jour, à travers l'observation de l'extraordinaire fait divers autour de Natacha Kamputsch, en Autriche.
La jeune fille de Brunehamel n'a, semble-t-il, pas fini de nous étonner. Rien que son site Internet (julie-la-chanteuse.skyblog-com), est étonnamment riche. « Il est actualisé tous les jours », ajoute-t-elle, avec son accent thiérachien. Un accent qu'elle revendique...
Lydie, sa maman : « On fait gaffe ! »
Quel avenir pour Julie ?
Pour l'heure, elle suit - sans enthousiasme - une première année de bac professionnel à Joliot-Curie. Après avoir décroché un BEP Vente. Et elle avoue qu'elle aurait préféré la vie active...
« La célébrité ne m'intéresse pas, je veux vivre de ma passion », envisage Julie. Lydie, sa maman, reconnaît : « Je la canalise. Il ne faut pas précipiter les choses, faire attention. »
Très attentive est par exemple cette mère sur les conditions de prestations et autres petits contrats, quant aux spectacles : « on fait gaffe ! ».
Sur le blog figurent quelques photos avec Jean-Luc Lahaye, Plastic Bertrand, le chanteur des Forbans. Autant de célébrités passées, rencontrées au fil de tours de chant.
La jeune fille et sa maman sont bien conscientes qu'il n'est pas facile d'être lâché dans ce monde un peu particulier. Surtout quand on sort de l'univers, malgré tout bien protégé, d'une adolescence heureuse à Brunehamel et Hirson.
Merci à
M. Michel MAINNEVRET pour ce superbe article et ses belles photos.